Réduire ses déchets : la salle de bain

Du 17 au 25 novembre 2018, nous sommes dans la semaine européenne de réduction des déchets (SERD). Vous pouvez retrouver toutes les informations relatives à cette initiative sur le site internet dédié, qui fourmille également de belles idées.

Alors je ne pouvais attaquer cette semaine sans aborder ce thème des déchets, ou plutôt de leur réduction. Essayons d’être positif tout de suite. Parce que des solutions simplissimes existent, sans que cela ne bouleverse nos habitudes ou notre quotidien, chacun de nous peut agir à son niveau. Et comme on dit, il n’y a pas de petits gestes si nous sommes des millions à les faire. Alors plus d’excuses, je vous explique en quelques points rapides comment je limite ma production de déchets. Et aujourd’hui nous commençons par la salle de bain !

1 – le savon

C’est par là que j’ai commencé, il y a plusieurs années, alors que j’étais en voyage pour 18 mois en mode sac à dos entre l’Océanie et l’Asie. J’en avais marre de me trimballer une trousse de toilette de 8kg, alors j’ai cherché des alternatives à toutes ces bouteilles en plastique. De mon point de vue, ces habitudes là sont les plus faciles à changer, car ce sont celles de l’intimité.

Le plus facile à mettre en place, ça a été d’échanger le classique gel douche par un pain de savon de Marseille. En prime, c’est un savon non polluant, car 100% végétal, donc pour les centaines de douches que j’ai pris en pleine nature, c’est tout bénèf.

Attention, comme l’appellation Savon de Marseille n’a pas été protégée (ni par une AOC ni une IGP),  pléthore de faux savons de Marseille sont vendus, avec des compos carrément dégueu. Si vous souhaitez en apprendre un peu sur le sujet, je vous conseille le superbe article de Brice du blog Le Curionaute.
J’achète mon gros carré de savon de Marseille à la Biocoop, en vrac, sans aucun emballage, je le coupe en quatre et ça me dure 6 mois, pour moins de 4€. Carrément économique, et écologique, on devrait tous y passer.

Après pour le plaisir de l’odeur, vous pouvez choisir n’importe quel savon saponifié à froid, que proposent aujourd’hui de très belles petites entreprises comme Clémence et Vivien  , Gaiia, ou encore la belle initiative grenobloise (tant qu’à faire si c’est local, c’est encore mieux !) des Affranchis.

2 – Le shampoing

Côté shampoing, je suis passée sur un shampoing là aussi solide, qui en plus d’être (à peu près) 2000 fois moins encombrant qu’une classique bouteille, combine là aussi l’aspect écologique et économique. Je l’ai toujours fabriqué moi, et pour moins de 4€ j’ai 5 mois de cheveux propres et doux (en ayant les cheveux au milieu du dos). Je ferai un article prochainement pour vous en parler, mes meilleures recettes et astuces, en attendant vous pouvez commencer dès aujourd’hui en allant au magasin bio le plus proche, qui propose de très bons produits. On retrouve Lamazuna, Pachamamai qui jouissent d’une excellente réputation, avec des produits de haute qualité.

Photo Lamazuna

3 – Les poils

Question rasage, j’ai abandonné les marques traditionnelles telles que Vénus et autre Wilkinson, qui en plus de s’en mettre clairement plein les fouilles (sans dèc, bientôt 25€ les 3 lames !) avaient une durée de vie étrangement faible, et je me suis tournée vers le traditionnel rasoir de sécurité.
Le mot fait peur, je vous l’accorde, mais à l’usage c’est un vrai bonheur ! Déjà, à  l’achat, il coute moins de 20€ vendu généralement avec quelques lames, et à l’utilisation, les lames sont à un prix dérisoire. Compter 3€ le lot de 5 lames en magasin, et sur internet on trouve des lots de 50 lames pour moins de 10€, incroyable ! Pour vous donner une idée, une lame me dure entre 8 et 10 mois. Un homme aura une utilisation plus intensive et changera les lames plus souvent, mais on est biiiiiien loin de l’usure des marques de supermarché qui se montent sur des rasoirs en plastoc. Le rasoir en lui même, en métal, doit pouvoir durer sur plusieurs générations tant il est robuste.

La première fois, on est un peu surpris par une lame d’aussi bonne qualité, et il faut simplement penser à avoir la main plus légère qu’avec les rasoirs en plastique. Sinon, c’est que du bonheur, simple et économique, là encore !

4 – Les cotons

Pour le démaquillage, j’ai abandonné les cotons jetables il y a 3 ans. Parce que j’en avais marre de voir ma petite poubelle de salle de bain se remplir aussi vite, et parce que les disques de cotons m’ont toujours déchiré les yeux. Pauvres petites paupières.
Adorant coudre, je me suis choisie des tissus que j’aime, j’ai récupéré une serviette de toilette inutilisée depuis des années (on en à tous dans nos placards), et je me suis cousue des carrés à démaquiller lavables, de 10cm sur 10cm. J’en ai fait aussi pour ma mère et pour ma soeur, tant qu’à faire.

Lingettes faites pour ma soeur

Pour celles qui souhaitent en trouver des déjà toutes faites, sur Etsy il y a des centaines de couturières indépendantes qui en proposent des superbes. De grandes marques en vendent également, comme Lamazuna.
J’ai pu tester les carrés des Tendances d’Emma, et, bien que ce soit l’une des marques dont on entend le plus parler dans ce domaine, j’ai été réellement déçue de leurs produits. Sans vouloir être trop incisive, j’ai trouvé les coutures de leurs carrés particulièrement mal faites et mal finies. Pour le prix, vous pouvez trouver beaucoup mieux auprès de petites créatrices. Ce n’est que mon avis.

Quelle que soit la marque choisie, les carrés à démaquiller lavables sont beaucoup plus doux pour les yeux que les jetables, et offrent donc un meilleur confort d’utilisation. Avec une dizaine de coton vous tenez largement une semaine (à moins d’être sponsorisée par Crayola niveau make up). Ensuite, je les mets dans un filet et ziou, à la machine.
L’idée du filet c’est pas juste une fantaisie, c’est surtout pour éviter que les lingettes ne se baladent trop dans le tambour et aillent se planquer dans les tuyaux de la machine et bouchent le bordel, inondation dans l’appart, tout ça …. (histoire vraie, heureusement l’Amoureux est plombier !).

Là aussi, à long terme, c’est beaucoup plus économique que d’acheter des sachets de cotons jetables.

Tant qu’on est à parler des cotons, je poursuis avec les cotons tiges. Bête noire des océans, on retrouve ces trucs un peu partout aussi sur Terre. Franchement dégueu.
La loi Biodiversité va les interdire à partir de 2020, ceux en plastique, alors c’est le moment de changer un peu ses habitudes.

Photo Justin Hofman

Depuis deux ans, j’utilise un oriculi. Ça me fait un peu penser à ce dont se servent les vietnamiens pour l’hygiène de leurs oreilles. Là bas c’est une véritable institution,le hot toc, on trouve même des stands sur des coins de trottoirs où pour quelques centimes on se fait nettoyer les oreilles de fond en comble, avec des petits outils en métal.
En France, on les trouve majoritairement en bois. Toutes les marques bio proposent généralement leur modèle, ici sur le site de cosmétiques Avril :

Très simple d’utilisation, indolore, c’est absolument parfait, économique aussi et tellement pratique en voyage !

5 – Les dents

Pour la brosse à dent, stop à la brosse en plastique, il existe aujourd’hui des dizaines de marques offrant des brosses en bois compostables, souvent en bambou. J’utilise celle de la marque Myboocompany, et j’en suis ravie.

Côté dentifrice, j’ai eu différentes phases. J’ai dans un premier temps boycotté les marques qui vendent leurs tubes suremballés dans une boite en carton. Ensuite, je suis passée sur les bios de la Biocoop, puis je me suis mise à le fabriquer moi, en solide. Là aussi je vous proposerai des recettes. C’est sans surprise plus économique, plus écologique, et bien meilleur pour la santé, car on se passe de toutes ces substances douteuses que l’on trouve habituellement dans la pâte à dentifrice. Tout bénèf.

6 – Le déodorant

Au delà des études très sérieuses qui ont été menées et ont prouvé la corrélation entre utilisation des anti transpirants à base de sel d’aluminium et cancer du sein (l’aluminium fait muter les cellules des glandes mammaires), l’emballage des déos est généralement conséquent, avec une grosse bille, un emballage épais, ou pire encore une bonbonne sous pression pleine de gaz, que l’on se vaporise généreusement sous les bras. Miam miam miam.

J’ai testé plusieurs recettes, plusieurs marques de déodorants solides, avec plus ou moins de succès, et pour plus de simplicité, je me contente aujourd’hui d’un seul produit : l’huile essentielle de palmarosa. C’est un excellent purifiant, qui élimine toutes les bactéries responsables des mauvaises odeurs à la surface de la peau. Parce que à la base, la transpiration ne sent rien, ce sont les bactéries présentes sur notre peau qui peuvent parfois être à l’origine de l’odeur.
Alors plutôt que de boucher mes pores avec des cochonneries nocives et pour moi, et pour l’environnement, je me libère de bien des problèmes avec une goutte d’huile essentielle sous chaque aisselle chaque matin. Miraculeux, et niveau économie on peut difficilement faire mieux : un flacon de 10ml d’huile essentielle me dure plus d’un an, pour 3€ !!

7 – Une fois par mois

Petite parenthèse féminine.
Réduire ses déchets, c’est aussi s’offrir le luxe de ne plus avoir besoin d’avoir des tampons dans le sac à main, dans la boite à gants, dans la poche intérieur de sa veste. En partant en vacances, c’est pouvoir garder toute la place disponible dans sa valise pour autre chose que des cartons de serviettes hygiéniques. Pour cela, j’ai nommé : LA CUP !
Mesdames, Mesdemoiselles, vraiment, l’essayer c’est l’adopter, je ne reviendrai en arrière pour rien au monde, cette invention est tout simplement fantastique !! Quelle liberté, quel bonheur ! N’ayons pas peur des mots, toutes celles qui ont passé le pas vous le diront, la cup est une révolution.

J’ai choisi celle de la marque Lunacopine (photo ci dessus), à moins de 25€, et je ne peux plus m’en passer. Depuis que je l’ai utilisée pour la toute première fois, je ne me suis plus jamais JAMAIS JAMAIS resservie d’une protection jetable, quelle qu’elle soit. Parce que la cup, c’est la vraie liberté.
Je vais pas vous faire un laïus entier sur la composition là aussi plus que douteuse des tampons et des serviettes, des dangers que cela représente pour notre santé, du nombre de femmes mortes depuis des dizaines d’années autour du globe à cause de cela (oui oui, des morts, c’est très sérieux, petit article pour vous donner une idée : Le Monde ), mais pour faire court, la cup est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire ! Et ça tombe bien, c’est bientôt Noël 🙂

Promis, c’est pas compliqué à utiliser, c’est pas douloureux, c’est pas massacre à la tronçonneuse dans la salle de bain quand on l’enlève, c’est juste S.I.M.P.L.E. Pour s’y mettre, des dizaines de sites vous proposent des tutos pour vous rassurer, des comparatifs de tous les modèles de cups qui existent aujourd’hui (preuve du succès !), et même des forums pour celles qui ont des questions. Alors foncez !

Voilà, je vous ai présenté là les quelques premiers pas que nous pouvons tous faire pour réduire les déchets de la salle de bain, pour arrêter de donner notre pognon les yeux fermés aux grosses industries polluantes qui mettent plein de caca dans des bouteilles en plastique et nous les vendent au prix fort. Bye bye les perturbateurs endocriniens, et les dérivés de pétrole en tous genres dont on se tartine la peau, bonjour nature et simplicité !

Vous pouvez piocher dedans ce qui vous intéresse, chacun va à son rythme, mais il est important que chacun d’entre nous prenne conscience de la portée de ces petits gestes du quotidien.
Je ne suis pas rentrée dans le détail des crèmes hydratantes et autres soins corporels, c’est là le sujet d’un article qui mérite d’être développé prochainement !

Depuis que vous avez commencé à lire cet article, voici  le volume approximatif de déchets produits en France (à raison de 25 360kg/ seconde) : 2500 tonnes. Cliquez sur le lien pour voir l’animation en temps réel de ce chiffre évoluer. Hallucinant n’est ce pas ?!

Et vous, vous faites quoi pour réduire vos déchets ?

 

 

 

 

 

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