Les mots du jour

Les articles se font rares sur le blog. Et je ne fais rien pour y remédier, très honnêtement. Car je ne m’oblige jamais à écrire, je le fais quand l’inspiration est là, quand je sens que je vais partager quelque chose d’honnête, de sincère, avec toute l’humilité qu’il est possible d’avoir à travers le partage.

Au début, comme tout à chacun qui se lance dans un projet, on fourmille d’idées, plus ou moins pertinentes, et on veut toutes les réaliser le plus rapidement possible. Ainsi, vous retrouverez sur ce blog quelques articles certainement moins pertinents que d’autres, ceux des débuts. Je fais le choix de les laisser, car ils sont pour moi le référentiel me permettant d’illustrer mon évolution, et lorsque j’ai l’impression de ne plus avancer, j’aime à me souvenir du chemin déjà parcouru.

Aujourd’hui, je ne suis pas dans la recherche de visibilité. Je ne suis pas dans la pression de la création de contenu. Je laisse l’espace à mon esprit d’exister, de pouvoir se tourner vers lui même, s’analyser, pour apprendre. Toujours apprendre.

Parfois, durant une journée, des bribes de phrases me viennent, je les imbrique les unes avec les autres, comme pour composer une musique dont moi seule entendrais la mélodie. Je joue avec les mots, dans ma tête, j’écris mes vers mentalement.

La dernière fois que je me suis sentie tel un compositeur, c’était durant mon voyage en Inde. Tout, autour de moi, m’inspirait. Tout m’amenait à la contemplation de ces moments exquis, comme suspendus en dehors du temps. Puisque ces moments sont en fait, à y regarder de plus près, des fragments de méditation, de pleine conscience, qui viennent saupoudrer le quotidien. Et en Inde, les personnes qui m’entouraient à ce moment là, les cours que je suivais, les lectures que j’avais, tout me conduisait presque naturellement vers un état méditatif constant. Etat qu’il est beaucoup plus difficile de maintenir de retour dans la vie quotidienne.

Mysore, Inde, 2018

Non que ce soit impossible, mais l’exercice relève d’un tout autre effort. Et par effort, je ne mentionne pas là celui qui fait transpirer, je mentionne celui qui demande un investissement personnel conséquent, régulier, entier. Là se situe tout le challenge.

Alors je ne publie que rarement à travers ce site, car l’énergie que cela me demande doit être vraie, spontanée, pure. J’admire les personnes qui arrivent à produire un contenu de qualité, de manière hebdomadaire sinon quotidienne. Ce n’est pas mon cas. Cela ne signifie pas que j’ère sans but sur le chemin du yoga, c’est là tout l’inverse. Mes silences illustrent la richesse des apprentissages que j’absorbe. Dans l’apprentissage, constant, régulier, infini, je ne peux qu’être en intériorisation. Il m’est totalement inenvisageable, voire impossible, de partager et d’apprendre simultanément. Déjà, parce que le discours serait incertain, ou pire encore inexact. Parce que je ne me sentirai légitime d’aucun des mots utilisés. Et surtout, surtout, parce que tout ce qui jalonne la route qui mène à l’état de yoga est exigeant, et demande de s’y consacrer pleinement.

Voilà pourquoi je ne suis pas ce genre de personnes à planifier mes publications, à choisir des thèmes en avance, à vous poser des questions pour savoir de quoi parler. Peut être que cela viendra, au fil des années, peut être que je trouverai cela confortable un jour. Mais pour l’instant, j’aime lire autant que je le peux, assister à des conférences, partager des ateliers riches d’enseignements, échanger avec des personnes passionnantes (et passionnées) et garder tout cela pour moi. J’aime saisir la beauté d’un instant, m’en réjouir, m’en faire une poésie mentale, et là aussi, garder tout cela pour moi.

Certains élèves choisissent leur professeur de yoga selon leur réputation web, le nombre d’abonnés sur leurs réseaux sociaux, ou encore l’ergonomie de leur site internet. C’est regrettable. Car le yoga est une aventure d’intériorisation, là où la société et toutes les technologies modernes, nous poussent à toujours plus d’extériorisation.

On prend le temps de soigner son apparence, la décoration de son salon, lustrer sa voiture, choisir de belles photos pour son feed Instagram. On passe un temps incroyable et une énergie folle à tenter d’améliorer les conditions extérieures de nos vies. Mais quelle est la dernière fois que vous avez pris 2 minutes pour ressentir la chaleur qui sort de vos narines à l’expiration ? Que vous avez pris conscience de votre petit doigt gauche ? De l’espace disponible dans votre bassin ?  Avez vous vu, aujourd’hui, la lumière changer en fin de journée, petit à petit, jusqu’à venir caresser les feuilles d’automne, en parure d’or ? Avez vous noté le contraste de ces couleurs chatoyantes au premier plan de la toile du ciel ?

Et si nous transformions notre perception des choses ?

Ce soir, pour écrire ce billet, je n’ai eu besoin que d’une poignée de minutes. L’inspiration était là, les mots s’entrechoquaient, je savais où je voulais en venir, même si cela ne transpirera peut être pas à la première lecture. Voilà pourquoi j’ai créé cet espace à la base, voilà où je veux en venir.

A la fin de ces lignes, offrez vous 2 minutes pour écouter votre respiration et pour noter quelles parties de votre corps bougent, permettant ce miracle. Soyez émerveillez, comme si c’était la première que vous le voyiez. Là, maintenant, il s’agit du plus beau cadeau que vous puissiez vous faire, et personne ne le fera à votre place.

Belle et douce soirée à toutes et tous.

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