Intense gratitude

Je ne sais par où commencer cet article tant mes pensées vont dans tous les sens depuis ces dernières 24h. Me voilà arrivée à l’ashram, à Mysore, berceau du yoga en Inde.
J’ai été très stressée avant le départ. Vraiment. J’ai été impatiente, très impatiente. J’ai eu peur. J’ai été excitée. J’ai eu des doutes. Ces dernières semaines ont été des montagnes russes émotionnelles.
Et puis, m’y voilà. Cet endroit, auquel j’ai tant pensé, que j’ai tellement imaginé, il est face à moi. Je suis en son sein. Et tout d’un coup, toutes ces émotions ont laissé place à l’unique gratitude, qui m’envahit entièrement.
Mes pensées se déversent à torrent. J’ai la soif de découvrir, les alentours, les participants, les cours. La soif de savoir ce que ces 4 semaines auront comme impacte sur moi. La soif de savoir ce que je vais apprendre. C’est drôle à dire. Je veux savoir ce que je vais apprendre… Je suis peut-être, sûrement même, trop impatiente, trop dans le speed. Je veux déjà voir l’après, sans avoir même vécu le maintenant.

J’en prends conscience, je prends une grande respiration, et je me recentre. Je découvre un petit porche, derrière le bâtiment principal, en bordure de rivière, avec un toit en feuilles de palmier tressées. Une merveille. Je m’y arrête quelques instants. Mes pensées en font de même. Elles s’arrêtent. Je prends la mesure de ce moment délicieux. Je souris. A la vie, à cet endroit, à moi même. Une intense chaleur m’habite. Je suis à ma place, je suis au bon endroit, avec les bonnes personnes. Ce chemin sur lequel j’avance, il passe par cet endroit. Ces choses que je veux partager, que je souhaite vivre, elles passent par là.

L’Univers m’a réservé une dernière surprise. Je n’ai pas pu récupérer ma valise à mon arrivée. Elle n’a pas suivi ma correspondance, erreur d’aiguillage. Instantanément, j’ai senti un petit vent de panique m’envahir. Mon dieu. Mes affaires. Toutes mes affaires. Me voilà arrivée, et je n’ai rien. J’ai rempli les papiers administratifs, et j’ai croisé les doigts pour que mon bagage trouve la route jusqu’à l’ashram. Et puis finalement, je me rends compte que j’ai tout.
Cet incident est un merveilleux exercice. Je me retrouve en tête à tête avec moi même. Et moi qui, habituellement, ne suis pas très à l’aise à demander des choses aux gens autour de moi, me voilà à devoir demander un teeshirt et du savon à mes compagnons de route. Je suis alors témoin d’un superbe élan d’humanité, je ne manque de rien. Quelques heures avant, je pensais que je n’avais rien. Question de point de vue, de recul, de travail sur soi.

La société nous individualise, nous force à être au top à tous les niveaux, constamment, à tout mener de front, et demander de l’aide autour de soi est généralement vu comme un signe de faiblesse, pointé du doigt. Alors que l’humain peut faire de si belles choses en communauté. Ici, ce mot prend tout son sens, et cette valise perdue est l’opportunité idéale pour sentir le soutien, l’amour, le sens de l’aide autour de moi, de cette merveilleuse communauté réunie.

Cette première journée s’achève, le soleil se couche. Tout va bien. Purement, profondément, et simplement bien.
Je regarde l’eau de la rivière couler, la nature autour, luxuriante. Le spectacle qui se déroule juste là, sous mes yeux, est magnifique. Les oiseaux sont verts, jaunes, bleus électrique, gigantesques ou au contraire minuscules. Tous différents, tous beaux. Comme nous.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s