Introduction à la méditation

Avant toute chose : non, la méditation ne se pratique pas forcément en câlinant un arbre, les soirs de pleine lune en forêt isolée. La méditation peut (et devrait d’ailleurs) être pratiquée par tous, n’importe quand, n’importe où. L’image du vieil hippie qui vit en autarcie dans un coin reculé d’un pays dont lui seul connaît le nom, c’est ter-mi-né.

humour

Une histoire raconte qu’un élève en méditation demanda un jour à son professeur « Combien de temps me faudra t il pour atteindre la sérénité ? » Son professeur lui répondit alors « trente ans». L’élève rétorque « Trente ans ?! mais c’est très long ! et qu’en est il si je médite 3 fois par jour, 7 jours par semaine, très contentieusement, si je travaille dur, que je ne fais plus que ça ? » Le professeur exprima dans un soupir : « dans ces conditions, cinquante ans».

Voilà, cette histoire résume très bien la place que la méditation doit occuper dans nos vies. Peu importe le temps qu’on lui accorde au quotidien, peu importe que ce soit 20 minutes ou 1h, tant que cela nous fait du bien et nous amène de l’épanouissement. Et plus on voudra être « bon » dans ce domaine (rien que d’écrire cette phrase ça me fait rire), moins la pratique sera alors utile. Nous ne sommes en compétition avec personne, nous n’avons pas d’épreuves à passer, pas de concours, pas de marathon de la méditation. Nous sommes juste face à nous même, rien que nous même pour une fois, nous méditons pour nous même, et pour personne d’autre.

Pourquoi méditer ?

De nombreuses études ont été menées ces dernières années, à grand coup d’électrodes connectés aux cerveaux de sages en méditation, afin de percer le mystère du bien être autour de cette pratique. Il suffit de taper dans Google « effets méditation cerveau », et des milliers de pages proposent les comptes rendus des études menées.

On se doutait déjà (un peu), que le cerveau de la personne en pleine méditation était en train de fonctionner différemment de celui qui regarde par exemple. Et puis en 2012, l’Hôpital Général du Massachusets (Boston, USA), a publié un rapport sur une étude menée sur le sujet. Et, surprise, au delà des différences ponctuelles observées pendant une pratique, on apprend que la structure du cerveau se modifie durablement lorsque l’on pratique la méditation régulièrement. Tel un muscle qui s’habitue et se renforce grâce à une activité sportive, le cerveau se voit évoluer.
Alors, pour n’en citer que quelques uns, voilà les effets, (très) bénéfiques, que la méditation aura sur vous : (extrait du site RIGPA)
• un haut niveau d’activité dans les parties du cerveau qui contribuent à former les émotions positives, comme le bonheur, l’enthousiasme, la joie et la maîtrise de soi ;
• un niveau d’activité moindre dans les parties du cerveau reliées aux émotions négatives, comme la dépression, l’égocentrisme, le manque de bonheur ou l’insatisfaction ;
• un apaisement de la zone du cerveau qui déclenche la peur et la colère(car l’amygdale responsable de ces émotions rétrécie peu à peu, donc son activité se voit de fait restreinte) ;

Effets méditation cerveau

« La méditation est une technique si puissante qu’après 8 semaines seulement, la structure de votre cerveau change déjà ». Jon Kabat-Zinn (médecin spécialiste de la pleine conscience, auteur de nombreux brillants ouvrages sur le sujet). Donc si on avait encore des doutes, maintenant y’en a plus.

Les bénéfices, au delà d’une sensation de bien être, sont énormes.

Et si on sort un peu du côté « Allo Docteur » de France 5, si on parle des effets davantage notables au quotidien, la méditation nous apprend tout simplement à vivre en pleine conscience de ses émotions, les observer, à calmer son esprit et développer peu à peu un état d’éveil sur soi même. C’est le plus beau voyage que vous puissiez faire, sans même sortir de chez vous.

Comment méditer ?

Dans son livre « Méditer jour après jour », Christophe André définie la méditation comme une « introspection corporelle, tranquille et bienveillante ». C’est une belle définition.
Bienveillante car durant ces instants que nous nous accordons, il n’y a pas de jugement, tranquille car nous ne devons pas avoir d’intentions particulières et nous posons alors sur nos pensées un regard totalement neutre.
On prend le temps de regarder un peu comment on va, sans mensonge, sans masque. Si on est énervé, d’accord, on est énervé. On observe ce sentiment, avec bienveillance envers soi même. On ne se juge pas, et on ne juge pas ce sentiment, on le laisse tout simplement être. Et, souvent, cette simple observation suffit à l’apaiser. Il faut prendre conscience de ce qui se passe en nous, sans pour autant chercher des solutions

Il est important maintenant de faire la différence entre méditation et relaxation. En effet, le but de cette dernière est de nous détendre. Or, le but de la méditation n’est pas la détente, mais simplement l’observation de ce qui se passe en nous. Et parfois, c’est tout sauf de la détente là dedans !

La méditation nous aide ainsi à accueillir nos émotions, leur faire une place plutôt que de les refouler et de foncer toujours plus loin toujours plus vite, la tête dans le guidon. On apprend à accepter ce qu’on ressent, sans jugement, à accueillir nos pensées, sans fuite.

Ainsi, lors de notre « observation introspective », c’est comme si nos yeux roulaient vers l’intérieur de notre tête (belle image n’est-ce pas), et que l’on regardait attentivement tout ce qui se passe. On voit alors l’autoroute des pensées, genre une deux fois 8 voies, avec des centaines de voitures lancées à 100 à l’heure dessus. Voilà, nos pensées, c’est ça. Et on ne se pose pas la question dans quelle voiture monter. Non non, nous, on reste là haut, au poste d’observation, et on regarde. Et si on sent que notre esprit, à un moment donné, a envie de monter dans une des voitures (c’est tellement tentant), on retourne notre attention vers notre souffle. On sent notre inspiration, on sent notre expiration, puis de nouveau on se poste en observation.

Combien de temps?

Un seul mot d’ordre : régularité. Les bienfaits de la méditation se font sentir rapidement, en quelques semaines, mais pour cela il faut méditer un peu chaque jour. On peut par exemple l’intégrer au rituel du matin ou celui du soir peu importe, mais si vous débutez, n’essayez pas de passer 2h en position du lotus, ou bien cela risque de ne pas durer bien longtemps.

Commencez simplement par accorder 10 minutes de votre journée, le matin ou le soir, tranquillement, à une petite séance de méditation. Ne perdez jamais de vue que la méditation est un cadeau que vous vous faites. Un merveilleux cadeau, que vous pouvez choisir d’avoir n’importe quand, et dont les bienfaits iront bien au delà de ces quelques minutes. (et franchement, c’est bien le moins cher des cadeaux que vous puissiez vous faire, dont les effets seront quand à eux les plus conséquents. Bien mieux qu’une crème Clarins, oui oui je vous assure).

Si certains jours, vous avez envie de faire quelques minutes de plus, n’hésitez pas. A l’inverse, si un matin vous n’avez que deux minutes devant vous, profitez pleinement de celles ci mais ne sauter pas votre tour en pensant que ce serait trop court. Ce n’est jamais trop peu, du moment que vous pensez à vous.

Gérer les distractions

Règle number ONE : Couper son portable. Ca parait basique, mais combien de fois j’ai entendu un portable sonner en salle de méditation, alors que tout le monde était en train de trouver la paix intérieure… Donc à la maison, au bureau, partout où vous voulez méditer un peu, surtout, et avant tout, coupez votre téléphone. Vous serez joignable plus tard, vous ne louperez rien de sensationnel en étant indisponible pour quelques minutes (Promis. Au pire ils laisseront un message).

L’environnement dans lequel nous vivons est bruyant (au delà d’un ashram de yoga perdu au milieu de nulle part en Australie, je vous l’accorde). On peut entendre les voitures, les voisins, les portes qui claquent, les enfants qui jouent, la télé du salon, il y a mille et un bruits dans notre quotidien. Alors comme on ne peut pas tout éteindre avec une télécommande géante (que celui qui la trouve m’appelle sur le champs), et bien il faut faire avec. Il faut envahir son espace personnel de silence, et ne pas arrêter son esprit à la moindre mouche qui passe trop près de ses oreilles.

On peut ritualiser aussi sa séance de méditation si cela nous aide, en déterminant un espace précis chez soi, l’agrémenter d’un coussin confortable, une bougie à la fragrance agréable ou tout autre objet qui puisse vous aider à apprécier pleinement ce moment.

bougie méditation

« Le silence est au bruit, ce que l’ombre est à la lumière ». Arrêtons de toujours vouloir du bruit autour de nous pour masquer celui de nos pensées. Cessons d’allumer la lumière parce qu’on a peur de l’ombre. Apprenons à vivre en accordant la place qu’elles méritent à nos pensées, apprenons à apprendre de nous même.

Toutes les solutions à nos problèmes sont en nous, quelque part. Toutes les réponses à nos questions, toutes nos incertitudes trouvent echo dans nos pensées. Mais pour cela, écoutons les attentivement.

 

challenge méditation

5 minutes par jour pendant 30 jours (et promis ça sera moins fatigant que tous les challenges fitness qu’on voit fleurir dans les magazines à l’approche de l’été).

Installez vous confortablement, dans la position que vous préférez. Cela peut être assis sur une chaise, au sol, allongé, peu importe tant que vous êtes bien. Fermez les yeux, et observer vos pensées durant ces 5 minutes. Ne portez aucun jugement, faites une simple observation. Si vous sentez que votre esprit commence à vagabonder, et qu’il n’est plus en position d’observation mais se met en position réflexion, concentrez vous sur votre respiration. Sentez l’air frais qui rentre dans vos narines, et l’air tiède qui en ressort. L’air frais vous rempli d’une énergie pure, tandis que l’air tiède qui ressort est chargé de toxines dont votre corps veut se débarasser. Le simple fait de prendre conscience de sa respiration est une forme de méditation.
Observer vos pensées ainsi pendant une poignée de minutes, j’ai proposé cinq à titre d’exemple, si vous désirez faire plus surtout ne vous priver pas de ce délicieux moment, si vous n’avez pas cinq minutes devant vous mais que deux, encore une fois, c’est mieux que rien. Et puis reprenez le fil de votre journée, doucement.
Si vous le désirez, vous pouvez bien entendu augmenter la durée de vos séances, mais essayer de ne pas dépasser les 15 minutes sur ce premier mois. Faites cela chaque jour pendant 30 jours, pour commencer, et vous vous rendrez vite compte que ces quelques minutes par jour vous seront devenues indispensables.

Cette (loooongue) introduction à la méditation touche à sa fin.
Maintenant que vous savez tout ça (quelle culture!), je pourrai par la suite partager avec vous des séances de méditation à thème.
Si vous avez des envies ou des attentes particulières, n’hésitez pas à partager tout cela en commentaire. Ce qui peut vous être utile à vous peut l’être pour tous.

N’oubliez pas :Respirez

Une réflexion sur “Introduction à la méditation

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